Les détecteurs de fumée (DAAF)

Ecrit par Julien Lefranc


Pour réduire le nombre de victimes et les coûts engendrés par les incendies domestiques, la loi française évolue et rend obligatoire l’installation de détecteurs de fumée et d'incendie dans tous les logements au plus tard en 2015.

Nécéssité d'un détecteur de fumée

Détecteur de fumée

Vos devis de déménagement en ligne avec le guide "Les détecteurs de fumée (DAAF)" des Artisans Déménageurs.


250 000 incendies d'habitation provoquant 800 morts et 10 000 blessés et des centaines de millions d'euros de dégâts... En matière de prévention des incendies chez les particuliers, la France est très en retard. Moins de 10% des foyers français sont équipés de détecteurs d'incendie contre plus de 90% aux USA ou en Norvège par exemple.

Pour rattraper son retard et éviter le plus de drames possibles, le Gouvernement a donc décidé d'imposer légalement la pose de Détecteurs Autonome Avertisseur de Fumée (DAAF) dans tous les foyers, qu'ils soient neufs ou anciens.

Publié au Journal Officiel le 11 janvier 2011, le décret n° 2011-36 rend obligatoire l’installation d’un détecteur de fumée avant le 8 mars 2015. La responsabilité de la pose et de l'entretien du détecteur de fumée incombe aux occupants du logement, qu'ils soient locataires ou propriétaires, qu'ils vivent en maison ou en appartement.


Quel type de détecteur de fumée faut-il choisir ?

Le décret modifie le code de la construction et de l'habitat, et en particulier le chapitre IX relatif à la sécurité des logements. Il précise que le "détecteur de fumée doit détecter les fumées émises dès le début de l'incendie et émettre immédiatement une alarme sonore suffisante pour réveiller une personne endormie dans le logement où la détection a eu lieu".


En France, seuls les Détecteurs Autonome Avertisseur de Fumée (DAAF) optiques sont autorisés. Ils disposent d'une cellule photo-électrique et d'une diode LED. Ils sont particulièrement efficaces contre les incendies domestiques de faible intensité qui couvent lentement tels que les feux d'appareils électriques ou ceux provoqués par une cigarette mal éteinte.


De nombreux modèles de détecteurs de fumée sont actuellement vendus par des professionnels de la sécurité incendie ou encore dans les grandes enseignes. Le type de détecteur le plus simple est alimenté par des piles et se fixe au plafond. L'avantage de ces détecteurs est leur simplicité de l'installation. Leur inconvénient est qu'il ne faudra pas oublier de changer les piles un jour ou l'autre, sous peine de se croire protégé alors que le détecteur ne sera plus alimenté.


L'alternative au détecteur de fumée par pile est le détecteur fonctionnant sur secteur. L'appareil est alors branché sur le réseau électrique domestique comme une ampoule. Le décret du gouvernement précise néanmoins que ce type de détecteur incendie doit obligatoirement être équipé d'une alimentation de secours susceptible de prendre le relais en cas de panne électrique.


Précision importante : il est essentiel de vérifier que le détecteur de fumée réponde bien à la norme européenne EN14604. Cette norme garantit que le détecteur dispose d'un bouton de test, d'une alarme sonore dédiée à l'alimentation (pile en fin de vie...) et d'une conception qui implique que la pile permettra au détecteur de fonctionner au moins une année d'affilée.

Combien coûte un détecteur de fumée ?

Un détecteur d'entrée de gamme s'achète autour d'une dizaine d'euros. Comptez une trentaine d'euros pour un détecteur autonome avertisseur de fumée plus complet avec une pile lithium d'une durée de vie de 5 ans. L'investissement est à la fois minime compte tenu des risques, d'autant plus que votre prime d'assurance habitation peut diminuer si vous déclarez l'installation d'un détecteur de fumée à votre assureur.


Les modèles haut de gamme disposent également d'une fonction "pause" bien pratique pour éviter les alarmes intempestives pour lors d’une importante production de vapeur ou de fumée dans la cuisine ou un garage par exemple. Les détecteurs inter-connectables sont généralement plus chers mais aussi plus efficaces. Lorsqu'un détecteur s'active, l'alarme se déclenche automatiquement sur l'ensemble des détecteurs installés dans le logement. Pratique si l'alarme vient du sous sol et que votre chambre est éloignée et bien insonorisée...


Les détecteurs de fumée sont généralement vendus par lot de 2 ou de 4. Bien que la loi ne rende obligatoire que la pose d'un seul détecteur, il est fortement conseillé d'optimiser la couverture de son domicile.

Conseils pour positionner les détecteurs de fumée

En cas d'incendie, l'efficacité des détecteurs de fumée ne repose pas uniquement sur la performance de l'appareil mais aussi sur sa position dans l'habitation. L'air chaud étant plus léger que l'air froid, les fumées s'élèvent naturellement. La règle de base est donc d'installer les détecteurs au plafond et non pas sur un mur. Si votre logement dispose d'un étage, il convient de placer un détecteur en haut de la cage d'escalier qui fait office de conduit naturel de cheminée.


Plutôt que de poser un détecteur de fumée par chambre, il est plutôt conseillé d'en installer un dans le couloir qui mène aux chambres. L'objectif est que l'alarme se déclenche le plus tôt possible, avant même que les fumées n'entrent dans la chambre, surtout si vous êtes en train de dormir.


Contrairement à ce que l'on peut penser, ce ne sont pas les flammes qui blessent ou tuent le plus en cas d'incendie mais les fumées toxiques provoquées par la combustion des matériaux dans le logement. En cas d'incendie nocturne, le véritable risque est d'être asphyxié pendant son sommeil bien avant que le feu et la chaleur n'entrent en considération.


Bien qu'il soit tentant d'installer des détecteurs de fumée dans les pièces sensibles telles que la cuisine, le cellier, et garage, il n'est pas toujours opportun de le faire. En effet, ces pièces sont souvent trop ventilées, ou assujetties à des variations thermiques trop importantes. Mieux vaut installer les DAAF à proximité immédiatement ou poser des détecteurs de chaleur plutôt.


De manière générale, les DAAF doivent être installés au minimum à 3 mètres des néons, des bouches d'aération (VMC), des zones humides (douche) ou chaudes (cheminée, poêle à bois, hotte, chauffe-eau...).


Les détecteurs de fumée ne détectent que les fumées d'incendie. Si vous désirez étendre la protection de votre logement à d'autres menaces telles que le monoxyde de carbone ou les fuites de gaz, il est nécessaire de vous équiper en complément avec des détecteurs adaptés.





Crédit Photo - Flickr : lilibacques - Licence Creative Commons